Quelles sont les conséquences du bruit sur notre Santé ?

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Le bruit peut engendrer des effets néfastes sur la santé et être la cause de nombreuses pathologies.

La fatigue et la perte auditive

La fatigue auditive correspond à un déficit temporaire d’audition qui se manifeste par une diminution de la sensibilité auditive pendant un temps limité. Les basses fréquences sont beaucoup mieux tolérées en terme de fatigue auditive que les fréquences moyennes ou élevées : l’oreille est plus fragile aux fréquences pour lesquelles sa sensibilité est la meilleure, c’est-à-dire autour de la fréquence 2 kHz. En cas de surexposition au bruit, les conséquences peuvent être irréversibles. Dans ce cas, le seuil d’audibilité de la personne se trouve modifié : on parle de perte auditive.
En fonction de la durée d’exposition, les intensités de stimulations sonores très élevées (supérieures à 90 dBA) vont endommager les structures de l’organe de Corti et causer des pertes auditives temporaires ou permanentes, suivant que les dommages vont ou non se réparer. Au niveau des structures neurosensorielles (cellules ciliées et neurones ganglionnaires), la cible du traumatisme sonore est double : les cellules ciliées externes d’une part et les terminaisons du nerf auditif au contact des cellules ciliées internes d’autre part.

Le traumatisme des nerfs auditifs ou excito toxicité

La cellule ciliée interne sur stimulée libère trop de glutamate. Il peut en résulter une phase aiguë ou une phase retardée. Dans le cas aigu, l’excès de bruit, donc de glutamate libéré, provoque un gonflement et un éclatement du bouton postsynaptique. Cette phase peut être suivie d’une repousse de la fibre et d’une réparation synaptique, donc d’une récupération fonctionnelle, généralement en deux ou trois jours. En cas de traumatisme sévère ou répétitif (phase retardée), une mort neuronale, due notamment à l’entrée massive de calcium, peut s’ensuivre. Dans ce cas l’atteinte neuronale s’ajoute à celle des cellules ciliées externes pour expliquer les pertes définitives.

Le traumatisme sonore et les cellules ciliées externes

Suivant le niveau de bruit, son caractère impulsif et la durée d’exposition, les dommages causés aux CCE peuvent être :

légers et essentiellement limités aux cils : désorganisation et rupture des liens, cassures, fusions et disparitions. Dans ce dernier cas, la transduction est altérée, mais la réparation est possible en une semaine environ;
graves et définitifs si le métabolisme de la cellule est sévèrement atteint; dans ce cas la CCE va disparaître
Les cellules de soutien des CCE peuvent aussi être affectées et contribuer aux pertes auditives.

Bruits brefs de très forte intensité
Les bruits d’armes, les pétards peuvent atteindre des intensités de 150 dB. A ces niveaux, s’ajoutent aux dommages des CCE et des neurones, de véritables destructions mécaniques de la membrane basilaire : le canal cochléaire perd son étanchéité (mélange de l’endolymphe et de la périlymphe) et la fonction cochléaire peut être totalement abolie.

 

La presbyacousie

Parmi les modalités sensorielles, l’audition est une de celles qui vieillit le plus mal. Du fait de leurs petits nombres, cellules ciliées et neurones de la cochlée sont appelés à disparaître peu à peu, entraînant une diminution progressive et irrévocable de l’audition avec l’âge : c’est la presbyacousie. Ce phénomène est accéléré par les agents ototoxiques et les traumatismes survenus au cours de la vie.

Les acouphènes

Les acouphènes peuvent se définir comme un bourdonnement ou un sifflement aigu dans les oreilles, sans aucune stimulation sonore externe. Ce phénomène se manifeste lors d’exposition à de forts niveaux de décibels. Il a tendance à s’atténuer au cours du temps, mais peut devenir chronique si l’exposition est répétée régulièrement.

Les acouphènes peuvent être la conséquence d’une mauvaise circulation sanguine dans les structures de l’oreille, mais ils sont généralement liés à l’altération des CCE ou des neurones ganglionnaires. Deux pathologies cochléaires pourraient être à l’origine des acouphènes : le dysfonctionnement de la synapse entre la CCI et le nerf auditif et le dérèglement des mécanismes actifs au niveau des CCE.

Des résultats expérimentaux de plus en plus pertinents viennent étayer la première hypothèse qui assimile l’acouphène à une réaction « épileptique » de la fibre auditive. A l’origine, on peut imaginer un dérèglement de la synapse glutamatergique entre la CCI et e nerf auditif, notamment en condition de choc excitotoxique : la surexpression des récepteurs au niveau du neurone auditif se traduit par une augmentation de l’activité spontanée de certaines fibres, qui va être interprétée au niveau central comme un son continu ou rythmé. Le bruit excessif détruit la synapse entre la CCI et le nerf auditif. La terminaison endommagée du nerf auditif (qui va ou non reconnecter la CCI) est le siège de décharges spontanées qui s’objectivent dans le cerveau comme des acouphènes.

Une variante de cette hypothèse synaptique fait intervenir le « GABA » : ce neurotransmetteur inhibiteur des synapses glutamatergiques centrales pourrait ne plus jouer son rôle modérateur lors d’un dérèglement des synapses glutamatergiques centrales. Certains auteurs impliquent les CCE dans le déclenchement des acouphènes. En effet, les oscillations spontanées des CCE, produisant des mécanismes actifs sans stimulation sonore préalable, pourraient être suivies d’effets physiologiques : activation des CCI et des fibres auditives. Le message qui partirait vers le système nerveux serait aussi « vrai » que nature, et le sujet entendrait un sifflement calé en fréquences au niveau de la lésion des CCE.

Troubles du sommeil

La perturbation du sommeil est une conséquence importante du bruit dans l’environnement. Ce phénomène est souvent ressenti comme étant la plainte majeure des personnes exposées au bruit car elle affecte leur sentiment de bien-être. Sachant que le sommeil occupe en moyenne un tiers de la vie d’un homme, il paraît nécessaire d’accorder une attention particulière aux troubles du sommeil.
Pendant le sommeil, le bruit est susceptible de causer de nombreux effets primaires tels que la difficulté de l’endormissement, les réveils et changements de phases de sommeil, l’augmentation de la fréquence cardiaque et de la tension artérielle, des mouvements accrus du corps, la diminution du temps de sommeil. Pour l’être humain, le sommeil est vital pour sa survie, ainsi une forte réduction du temps de repos entraîne des troubles secondaires plus ou moins marqués tels que la réduction du niveau de vigilance, un sentiment de dépression et des performances réduites.
Pour un sommeil de bonne qualité, le niveau sonore équivalent ne devrait pas excéder 30 dB(A) pour le bruit de fond continu, et des niveaux de bruit excédant 45 dB(A) devraient être évités (recommandations de l’OMS).

Fonctions physiologiques

Une exposition à un fort niveau sonore pendant une longue période est susceptible de provoquer de nombreux dommages dans l’organisme. Ceci est notamment le cas pour les travailleurs, les personnes vivant à côté des aéroports ou de rues bruyantes. Ainsi, le bruit entraîne des impacts au niveau du système cardiovasculaire (accélération de la fréquence cardiaque, élévation de la pression artérielle), du système respiratoire (accélération du rythme respiratoire), du système endocrinien (modification de la sécrétion d’hormones) et enfin du système immunitaire (réduction des défenses immunitaires). Tous ces effets sont la conséquence d’une augmentation du stress chez la personne exposée régulièrement à du bruit, même à des niveaux moyens.

Effets sociaux et comportementaux

Gêne
Selon la définition de l’OMS, la gêne est « une sensation de désagrément, de déplaisir provoquée par un facteur de l’environnement (ex : le bruit) dont l’individu ou le groupe connaît ou imagine le pouvoir d’affecter sa santé » (OMS, 1980). Ce sentiment de gêne est difficilement quantifiable car il est propre à chacun. Aussi, il est très difficile d’établir une relation dose – réponse, car il ne s’agit pas d’effets directs sur la santé. En général, la gêne engendrée par le bruit peut être mesurée au moyen de questionnaires et d’études réalisées auprès de la population. Ce sentiment d’inconfort dépend de plusieurs facteurs (facteurs sociodémographiques : âge, sexe, niveau de formation, … ; satisfaction par rapport au cadre de vie ; représentation de la source ; bruits choisis ou subis ; investissement affectif ; conflit de générations…), ainsi un individu X n’aura pas la même perception de gêne qu’un individu Y.

Difficulté de concentration, baisse du niveau de performance
D’après le résumé d’orientation des directives de l’OMS relatives au bruit dans l’environnement, il a été montré, pour les travailleurs et les enfants, que le bruit peut compromettre l’exécution des tâches cognitives comme la lecture, l’attention, la résolution de problèmes et la mémorisation.

Troubles du comportement, agressivité
Il semblerait malheureusement que le bruit influe négativement sur les comportements humains. Ainsi, le bruit serait à l’origine d’une agressivité et d’une irritabilité accrue des personnes (augmentation du stress). Le bruit semble en effet aggraver les problèmes psychologiques préexistants (rapport AFSSE sur les impacts sanitaires du bruit, 2004).

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