Protocole préventif des infections de l’oreille – Plongée sous-marine

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Ne laissez pas vos oreilles gâcher votre voyage dans les profondeurs !

 

LES OTITES EXTERNES DU PLONGEUR

L’otite externe est une infection du revêtement cutané du conduit auditif externe, localisée ou généralisée, touchant tout le conduit. Cette pathologie infectieuse, caractéristique des adeptes des sports aquatiques et subaquatiques est souvent nommée « swimmer’s ear ». Semblable à l’otite externe des non-plongeurs, l’otite externe des plongeurs présente pourtant une fréquence plus élevée et des facteurs favorisants spécifiques aux activités subaquatiques.

ÉTIOLOGIE :

L’otite externe diffuse peut être causée par un bacille Gram négatif (Escherichia coli, Proteus vulgaris, Pseudomonas aeruginosa), par Staphylococcus aureus ou plus rarement par un champignon (Candida albicans, Aspergillus niger).
Ces agents infectieux ne proviennent pas de l’eau mais sont présents dans la flore          cutanée habituelle du canal auditif externe. L’eau stagnant dans le conduit auditif pendant et après l’immersion provoque alors une macération et entraîne un déséquilibre de la flore saprophyte de la peau. Les germes de cette flore deviennent alors pathogènes sous l’effet de divers facteurs favorisants.

FACTEURS FAVORISANTS :

Il est très important de comprendre les facteurs favorisants la survenue d’infections de l’oreille pour adopter par la suite une attitude préventive efficace.

Ainsi, la macération de l’eau dans le conduit auditif et la prolifération de germes pathogènes sont dues à des facteurs favorisants de 2 ordres :

Liés au milieu extérieur :

·         Durée et fréquence des séjours dans l’eau, accrue plus l’eau sera chaude, la chaleur favorisant le développement des germes ;

·         Action irritante de certains micro-organismes aquatiques et de particules coralliennes;

Liés au conduit auditif :

·         Facteurs favorisants la macération de l’eau :

·         Conduit auditif externe étroit ;

·         Présence de débris de cérumen (et à fortiori de bouchon)  dans le conduit auditif externe ;

·         Présence d’exostoses (ou hyperostoses): excroissances osseuses bénignes du conduit, rétrécissant celui-ci en cul-de-sac. L’irritation thermique du froid et l’irritation mécanique de l’eau favorisent leur apparition. Elles sont particulièrement fréquentes chez les plongeurs professionnels en eau froide et les surfeurs ;

·         Facteurs favorisants la colonisation de l’épithélium par les agents pathogènes :

·         Diminution du pouvoir protecteur du film lipidique de surface du conduit auditif par un nettoyage répété (cotons-tiges). Ce film lipidique possède une activité bactériostatique et fongostatique ;

·         Absence de cérumen: le pH du cérumen est légèrement acide, ce qui lui donnerait une activité antibactérienne (toujours les cotons-tiges !) ;

·         Irritation préexistante de l’épithélium: eczéma et autres affections dermatologiques (psoriasis, lichen dermatite séborrhéique), lésions de grattage, prothèse auditive mal adaptée ou allergisante, utilisation fréquente de bouchons d’oreille (de type boules Quiès).

SYMPTOMATOLOGIE :

–          En général, une otite externe diffuse provoque un prurit (grattage), une douleur lancinante et une otorrhée d’odeur fétide.

–          Lorsque le conduit est tuméfié ou contient de nombreux débris purulents, on constate une baisse de l’audition (surdité de transmission).

–          La douleur ressentie à la traction du pavillon de l’oreille et à la pression au niveau du tragus permet de distinguer otite externe et otite moyenne.

–          L’examen à l’otoscope est difficile car douloureux. Le conduit auditif est souvent rétréci. En otoscopie, la peau du conduit auditif externe apparaît rouge, tuméfiée et souillée de débris humides et purulents. La membrane tympanique est généralement normale, parfois un peu rouge.
La présence de filaments blanchâtres dans le conduit auditif évoque une otite externe fongique à Candida albicans, des filaments charbonneux évoquent une otomycose à Aspergillus niger.

COMPLICATIONS :

§        L’otite externe sévère avec obstruction du conduit auditif et envahissement des tissus mous, particulièrement le long du plancher du conduit.

§        La cellulite de l’oreille externe et de la face.

§        L’otite externe maligne: ostéite de la base du crâne à point de départ otitique, à Pseudomonas aeruginosa. L’otite externe maligne doit être suspectée devant toute otite externe résistant aux traitements usuels chez le diabétique, l’immunodéprimé et lors de la prise de stéroïdes par voie générale.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL :

Chez le plongeur, face à une otalgie associée ou non à une baisse de l’audition on éliminera un barotraumatisme de l’oreille moyenne. Un barotraumatisme du tympan avec rupture de celui-ci peut s’accompagner d’une otorrhée.
Une baisse de l’audition peut également révéler un barotraumatisme ou un accident de décompression de l’oreille interne. Elle s’accompagne alors le plus souvent de vertiges, bourdonnements ou sifflements.

TRAITEMENT CURATIF CLASSIQUE :

Dans le cadre d’une prise en charge classique, le traitement de l’otite externe nécessite le plus souvent l’aide du médecin essentiellement pour vérifier l’intégrité du tympan et associe : un nettoyage du conduit auditif, l’instillation d’une solution antibio-corticoïde (Panotile®, Colicort®, Polydexa®,…) pendant quelques jours, associée parfois à une suspension des plongées et des baignades jusqu’à guérison complète. Enfin, un analgésique est souvent nécessaire pour calmer l’otalgie. En cas d’otite externe mycosique, le traitement comportera un topique antifongique.

TRAITEMENT PRÉVENTIF CLASSIQUE:

§         Avant la saison de plongée :

L’examen otoscopique par un médecin est particulièrement utile et permet de repérer et de traiter les nombreux facteurs favorisants et prédisposants: inflammation ou dermatose du conduit auditif, débris ou bouchon de cérumen, exostoses …

§         Après l’immersion :

Les plongeurs ne présentant aucune prédisposition particulière aux otites externes se contenteront d’un simple rinçage des conduits auditifs à l’eau douce et propre. Bien qu’il paraisse sage de prévenir tout risque infectieux en renforçant  la barrière lipidique du conduit auditif externe et surtout de le sécher rapidement.
Pour les plongeurs sujets aux otites externes fréquentes, un rinçage et un séchage soigneux sont indispensables.

L’usage du coton-tige est formellement proscrit.

L’instillation auriculaire de préparations spécifiques a un effet bénéfique dans la prévention des otites externes du plongeur. Ces préparations auront pour but une action asséchante et anti pathogène.
N.B : Ces produits ne seront utilisés qu’après vérification de l’intégrité du tympan.
Les préparations alcooliques sont déconseillées en cas d’irritation du conduit auditif.

Les préparations les plus employées sont :

·         l’alcool à 40° ou 60° boriqué à saturation ;

·         l’eau oxygénée boratée ;

·         une préparation composée d’acétate d’aluminium, d’acide acétique et d’eau 100;

·         une solution de vinaigre d’alcool blanc diluée avec de l’eau.

§         Avant l’immersion :

Afin de respecter et de renforcer le film lipidique protecteur et de ne pas créer d’irritation du conduit, certains auteurs préconisent l’instillation préventive de solutions huileuses.

 

PROTOCOLE DE PRISE EN CHARGE BIORL : innovation et prévention au naturel, notre savoir-faire !

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1.      Plongez avec un nez parfaitement propre : si besoin, effectuez un lavage de nez avec une solution isotonique enrichie de cuivre et de bétaïne – RHINYL® – www.biorl.fr)

2.      Avant chaque plongée, appliquez un film résistant à l’eau et aux bactéries par voie topique, chargé de protéger et tapisser l’épithélium – EARYL® – www.biorl.fr.

3.      Après la plongée, sécher systématiquement les oreilles à l’aide d’une serviette éponge par exemple, ou au mieux, avec des gouttes auriculaires dessicatives asséchantes – SEDRYL® – afin d’éviter toute stagnation d’eau.

Ne jamais utiliser de cotons tiges qui risquent d’altérer l’épithélium (peau du conduit auditif) et retirer la couche protectrice de cérumen favorisant ainsi l’infection.

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