Les Acouphènes au cœur de notre ADN !

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L’acouphène subjectif est la perception d’un son en l’absence de stimuli sonores externes ou corporels. La forme chronique représente une affection très répandue qui affecte plus de 70 millions de personnes en Europe. On sait aujourd’hui que l’acouphène émerge d’une interaction complexe entre la santé de nos oreilles, la santé générale / la maladie et les facteurs de stress environnementaux.  Une grande variété de troubles associés, dont  la perte auditive, les affections neurodégénératives ou encore un dysfonctionnement de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), ont été suggérées pour expliquer l’apparition ou la progression des acouphènes. Cependant, les mécanismes moléculaires précis des acouphènes ne sont pas encore bien compris. Compte tenu de l’hétérogénéité des acouphènes, la contribution des facteurs génétiques et épigénétiques pour expliquer cette pathologie reste une terre inconnue, constituant une source d’espoir grandissant pour les chercheurs et surtout pour les patients.

Les gènes jouent-ils un rôle dans la sensibilité aux acouphènes chroniques? Des recherches sur les mécanismes génétiques impliqués dans la pathologie acouphénique pourraient permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques moléculaires, pouvant conduire au développement de nouvelles thérapies pharmaceutiques efficaces.

Pourquoi la piste génétique ?

Les facteurs de risque d’acouphènes comprennent la perte auditive, l’exposition sonore, le stress, l’anxiété, la dépression, les médicaments ototoxiques, l’hypertension, le vieillissement…Bien que l’association entre les facteurs de risque individuels et l’acouphène ne soit pas simple, l’acouphène semble être corrélée à l’évolution de l’âge et de la perte auditive. Fait intéressant, seulement environ la moitié des patients atteints d’acouphènes ont des facteurs de risque reconnus, raison pour laquelle l’hypothèse selon laquelle la prédisposition à l’acouphène est liée à un terrain génétique.

Les acouphènes pourraient résulter d’un certain nombre de processus pathologiques impliquant des anomalies auditives périphériques (cochléaires) et / ou centrales (système nerveux central). Le manque de certitude concernant ces mécanismes oblige les scientifiques à explorer d’autres pistes.

Ainsi, l’identification de facteurs génétiques, au cœur même de notre essence, l’ADN,  constituerait une avancée importante dans la compréhension de la pathogenèse des acouphènes, leur évolution et leur gravité et permettrait de mettre au point de nouvelles stratégies diagnostiques et thérapeutiques peut être décisives.

Là où la génétique explique les différences !

Considérons un exemple concret pour lequel  le déclencheur initial est bien défini (c’est-à-dire un traumatisme sonore ou une maladie de Ménière par exemple) et un autre cas où le déclencheur n’est pas clairement défini. Après la perte auditive sensori-neurale, certains patients souffrent d’un acouphène aigu, mais ne développent pas d’acouphènes chroniques, ce qui suggère un certain type d’adaptation ou « résilience ». Cependant, quelques patients présentant une susceptibilité intrinsèque présenteront des acouphènes persistants chroniques.

La comparaison de ces patients, incluant le recueil de différentes données cliniques associées aux acouphènes (perte auditive, hyperacousie, stress, anxiété ou dépression…) permet de mettre en évidence des sous-groupes de phénotypes d’acouphènes (type d’acouphènes en fonction des gènes). En résumé, avec l’étude cds différents patients acouphéniques et leurs différents symptômes, on espère identifier des marqueurs génétiques pouvant expliquer les différents profils d’acouphènes.

En conclusion, soyez patient, la Science touche au cœur du problème…

L’identification des gènes impliqués dans la résilience ou capacité d’adaptation de certains et la susceptibilité d’autres au développement d’acouphènes entraînera non seulement une meilleure compréhension des voies et des réseaux régulant l’apparition de la maladie, mais aussi mettra en lumière les processus physiologiques impliqués, conduisant au développement de nouveaux traitements pharmacologiques.

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Bibliographie:

Lopez-Escamez JA. et al. (2016). Genetics of Tinnitus: An Emerging Area for Molecular Diagnosis and Drug Development. Front Neurosci.

Vona B. et al. (2017).Genetics of Tinnitus: Still in its Infancy. Front Neurosci.

 

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