Acouphènes et Audition : De nouvelles perspectives

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Acouphènes et Audition

 

5 millions de Français souffrent de problèmes d’audition à des degrés divers, près de 300 millions de personnes dans le monde, selon l’OMS.
La perte d’audition ou surdité peut être le résultat d’un dysfonctionnement d’une partie du système auditif, une lésion du nerf cochléaire ou une atteinte d’une zone cérébrale. Des maladies infectieuses (méningite, oreillons, otites chroniques…), des facteurs héréditaires, l’exposition au bruit, des facteurs d’aggravation liés à l’environnement, au mode de vie… peuvent également en être la cause.
Chez les seniors, le type le plus courant de perte auditive est la presbyacousie, définie comme une altération physiologique de la fonction auditive liée à l’âge, dont la cause spécifique reste inconnue. La presbyacousie débute vers 30 ans, mais c’est surtout après 50 ans qu’elle peut devenir socialement gênante.
D’autres formes de surdité surviennent, c’est notamment le cas de la perte d’audition soudaine, d’apparition subite, le plus souvent unilatérale, pouvant survenir à tout âge dont l’étiologie est incertaine. Les deux hypothèses explicatives communément retenues sont l’origine virale et l’origine vasculaire.
Enfin, les atteintes auditives dues au bruit sont extrêmement fréquentes. Il s’agit d’altérations auditives caractérisées par une destruction progressive des cellules ciliées de l’oreille interne. L’exposition à des intensités sonores élevées provoque des lésions irréversibles et l’apparition de surdité.

Décris comme des bourdonnements graves, des tintements ou des sifflements très aigus, les acouphènes accompagnent très souvent les pertes auditives et peuvent constituer un symptôme d’alerte de l’atteinte auditive. Lorsqu’ils perdurent au-delà de quelques mois, ils constituent une véritable maladie algique à part entière. Considérée comme un symptôme très complexe et difficile à diagnostiquer, dont les causes sont variées et encore mal connues, cette perception de bruits en l’absence de toute source sonore dans le milieu environnant, suggère l’existence d’une anomalie à un niveau quelconque du système auditif.
Dans certains cas consécutifs à une surdité totale unilatérale, ces acouphènes sont dits périphériques lorsqu’ils sont localisés au niveau de l’oreille lésée. Après un délai variable, ils se centralisent et deviennent des acouphènes chroniques perçus dans un hémisphère cérébral ou les deux.
Si les acouphènes peuvent être d’origine neurologique, traumatique, infectieuse ou encore toxique, les pertes auditives semblent toutefois être une des causes majeures retrouvées dans la littérature scientifique.

Etudes cliniques

Ainsi, de nombreuses études ont cherché à comprendre le lien étroit entre déficiences auditives et acouphènes, toujours dans le but d’élucider les mécanismes étiologiques des acouphènes et les perspectives de traitement.

Dans toutes les recherches effectuées, plusieurs hypothèses nous ont paru intéressantes et nécessitent des investigations plus poussées pour être validées :
– Des acouphènes associés à des pertes auditives ont plus de chances de devenir chroniques et surtout d’être moins bien tolérés (et donc accompagnés par des troubles du sommeil, de la concentration, anxiété, stress, dépression…)
– L’intensité des acouphènes est augmentée chez les patients avec des pertes auditives
– Il existe une corrélation forte entre le degré de perte auditive et la sévérité des acouphènes.
Une étude réalisée en 2012 décrit le cas d’une femme âgée de 67 ans atteinte d’acouphènes unilatéraux sévères depuis 18 mois. Les acouphènes sont accompagnés d’hyperacousie, de maux de tête, de vertiges et sont surtout associés à une perte soudaine d’audition. Un dispositif combinant aide auditive et générateur de bruits a permis de supprimer complètement, après quelques mois, les acouphènes et l’hyperacousie. Ainsi, ce dispositif médical a permis à la fois de restaurer une activité neurosensorielle périphérique « normale » et une réorganisation plastique des centres nerveux auditifs centraux.
Bien sûr, il s’agit ici d’un traitement adapté et individualisé à un certain type de patients, présentant des acouphènes associés à des troubles auditifs, et dont le diagnostic exclut d’autres causes plus spécifiques (pathologies oreille, métaboliques, circulatoires…).

Pour comprendre ces résultats, il faut s’attarder quelques instants sur la physiopathologie (mécanismes physiologiques responsables de ces pathologies) des acouphènes et de la perte auditive. En effet, la plupart des auteurs s’accordent sur l’origine neuro sensorielle cochléaire des acouphènes, c’est-à-dire que la naissance des signaux sonores erronés ou des déficiences auditives s’effectuerait en périphérie, par l’atteinte des cellules ciliées de la cochlée (oreille interne), des synapses ou du nerf auditif, à la suite d’un traumatisme sonore ou d’une perte auditive soudaine, comme dans notre étude. La lésion des terminaisons nerveuses de l’appareil auditif pourrait ainsi expliquer l’apparition de surdité et d’acouphènes.
Pour d’autres, cet « hypersignal » sonore serait d’origine centrale, causé par un phénomène de neuroplasticité au niveau des centres nerveux d’intégration du signal auditif.
En réalité, l’émergence d’un bruit anormal va suivre un processus complexe et progressif.
La plupart du temps, il provient du moins au début des structures de l’oreille interne, il est donc périphérique,  » hors cerveau « . Sa détection est réalisée par les centres sous-corticaux puis sa perception en temps que réalité sonore est effectué par les aires dites corticales.Cette détérioration des structures auditives périphériques va stimuler certaines régions cérébrales, qui vont à leur tour être hyperactivées et devenir une source d’acouphènes.
Ce n’est qu’ensuite que rentrent en ligne de compte l’activation de centres gérant l’émotion (aires limbiques) et le système nerveux autonome (responsable des sensations d’accélération du cœur, des sueurs, d’angoisse …). C’est parce qu’il y a interaction avec ces centres émotionnels que l’acouphène va déclencher une situation de stress, d’angoisse et d’intolérance.

De nouvelles perspectives

Ces travaux suggèrent donc l’existence de mécanismes physiopathologiques communs pouvant expliquer à la fois certaines déficiences auditives et l’apparition d’acouphènes.
En effet, si la physiopathologie des acouphènes et des pertes auditives est encore mal expliquée et considérée comme multifactorielle, la littérature médicale souligne le rôle important du système glutamatergique dans l’apparition des différents symptômes. Des perturbations de l’activité du glutamate sont impliquées dans de nombreuses atteintes du SNC et dans la pathologie de l’oreille interne.
Dans des conditions pathologiques (stress, traumatisme sonore, médicaments ototoxiques…), le glutamate, principal médiateur dans la neurotransmission de l’information aux neurones auditifs, est produit en excès au sein de l’appareil cochléaire de l’oreille interne. Cette surproduction de glutamate devient neurotoxique (on parle d’excitotoxicité), entraînant une surexcitation des récepteurs synaptiques, la destruction cellulaire et la naissance de signaux sonores erronés.
La formation de radicaux libres (stress oxydant) dans la cochlée joue un rôle clé dans le développement des déficiences auditives induites par le bruit et serait également à l’origine de la dégradation cellulaire dans l’oreille interne. De même, l’exposition au bruit pourrait être responsable d’une vasoconstriction réduisant considérablement le flux sanguin au niveau de l’oreille interne et pouvant expliquer ces perturbations.
A partir de ce modèle d’ototoxicité du glutamate et de stress oxydatif, la recherche de thérapeutiques dans les maladies de l’oreille interne s’est orientée vers l’utilisation de substances neuroprotectrices et antioxydantes capables d’agir directement au niveau des récepteurs membranaires pour s’opposer à la suractivité du glutamate et à la dégradation cellulaire. Des essais cliniques doivent encore être réalisés mais les perspectives suggérées par ces modèles semblent très intéressantes.

Audition et Acouphènes : intérêt de la phytonutrition ?

A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement miracle des acouphènes permettant de les guérir automatiquement, mais différentes thérapies et surtout des comportements à adopter permettent de les faire disparaitre totalement ou au pire pour certains patients de « s’y habituer ».
Les traumatismes auditifs étant la première cause d’acouphènes, il est important de les éviter. Il suffit de quelques secondes à un niveau sonore trop élevé pour abimer les cellules ciliées de l’oreille interne et provoquer un acouphène définitif.

On considère que pendant les premiers 6 mois après l’apparition d’un acouphène sans perte auditive, les patients ont toutes les chances de les voir disparaitre.
Le traitement d’urgence « standard » lors d’un traumatisme sonore aiguë (TSA) entraînant des acouphènes est à base de corticoïdes et stimulant dopaminergique.
À partir du moment où le son perçu commence à diminuer en intensité, c’est que le patient est en bonne voie pour guérir.

Retrouvez un article complet sur les différentes solutions permettant la prise en charge des acouphènes.

Aujourd’hui, nous assistons à la création d’équipes pluridisciplinaires associant ORL, psychothérapeute, audioprothésiste, parfois dentistes et médecines non conventionnelles (sophrologie, ostéopathie, yoga …). Cette nouvelle convergence des disciplines et des approches annonce des progrès stimulants dans la compréhension et le traitement des acouphènes.

Parmi ces thérapeutiques, la phytonutrition occupe une place non négligeable et présente un grand intérêt dans la prise en charge des acouphènes et de la perte auditive. En effet, de par leur innocuité, des supplémentations en nutriments essentiels offrent une solution « santé » naturelle à long terme pour améliorer certaines formes de pertes auditives accompagnées d’acouphènes. Des vitamines, des minéraux et certaines plantes possèdent des propriétés neuroprotectrices et antioxydantes très efficaces pour agir au cœur de l’oreille interne mais aussi pour traiter les nombreux symptômes associés (stress, anxiété, fatigue, troubles du sommeil…).

Ainsi, le magnésium pourrait agir contre les dommages auditifs liés au bruit.
L’intérêt du magnésium pour aider à protéger l’audition des agressions générées par le bruit a été démontré par de nombreuses études.
De même, certaines vitamines du groupe B joueraient un rôle essentiel dans le fonctionnement du système nerveux et dans de nombreux processus cellulaires. Leurs propriétés antioxydantes et vasodilatatrices favorisent une meilleure activité cérébrale et permettent à notre organisme de lutter activement contre les agressions permanentes de nos cellules auditives (pollution, radicaux libres, toxicité des médicaments…) et de diminuer certaines pertes auditives.
Une étude réalisée en 2011 a démontré qu’une supplémentation en vitamines (E et C) et en magnésium protège les cellules de l’oreille interne contre les effets néfastes des radicaux libres et évite des changements permanents de l’audition.
D’autres études confirment ces effets mais soulignent que seule la synergie entre ces substances s’avère véritablement efficace pour non seulement s’opposer à la formation de radicaux libres et à la vasconstriction induite par le bruit mais aussi ralentir la progression de la perte auditive induite par le bruit.
De nombreuses substances antioxydantes s’avèrent être des protecteurs cochléaires naturels très efficaces s’opposant ainsi aux ravages des radicaux libres.
De nombreuses études ont exploré le potentiel thérapeutique du Gingko Biloba dans la prévention et le traitement des atteintes auditives et des acouphènes. Cette plante est un antioxydant puissant ; ses propriétés neuroprotectrices agissent sur la régulation d’un médiateur nerveux, le glutamate, largement impliqué dans les acouphènes et les perturbations sonores occasionnées. Enfin, le ginkgo possède des capacités vasodilatatrices, permettant d’améliorer la circulation sanguine (notamment cérébrale), d’agir sur le stress, l’hypertension et de soulager les acouphènes.
D’autres substances telles que l’Avena Sativa ou le potassium, par exemple, pourraient agir sur ces phénomènes circulatoires et améliorer les symptômes liés aux troubles auditifs.
Enfin, le sélénium, entre autres, oligoélément considéré comme un des antioxydants les plus puissants, pourrait agir sur les niveaux de glutathion. Ce dernier exerce un effet protecteur dans le cas de pertes auditives liées à une surexposition au bruit. Un état de déplétion en glutathion augmente la perte auditive induite par le bruit.

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Bibliographie
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– C.G. Le Prell et al., Free radical scavengers, vitamins A, C, and E, plus magnesium reduces noise trauma, Free Radic Biol Med. 2007.
– C.G. Le Prell et al., Nutrient-Enhanced Diet Reduces Noise-Induced Damage to the Inner Ear and Hearing Loss, Transl Res. 2011.
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– James A. Kaltenbach, Tinnitus: Models and mechanisms, Hear Res., 2011
– A. Mdzinarishvili et al., Ginkgo Extract EGb761 Confers Neuroprotection by Reductionof Glutamate Release in Ischemic Brain, J Pharm Pharmaceut Sci, 2012.

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